L’accouchement dans l’eau

photo accouchement Catherine Landrevie

Photo : Catherine Landrevie

Accoucher dans l’eau est une alternative intéressante pour les femmes qui souhaitent vivre un accouchement naturel et avoir un remède contre la douleur autre que la péridurale. Aujourd’hui, de nombreux maternités en France proposent une « salle nature », équipée d’une baignoire de grande taille qui permet de s’immerger dans l’eau pendant le travail. Par contre, que les femmes puissent rester dans l’eau jusqu’à la naissance du bébé, reste une exception. Seulement sept maternités* en France sont habilitées à proposer des accouchements dans l’eau.

Pour les accouchements à domicile, il y a la possibilité de louer une piscine de naissance, si la sage-femme est d’accord et familiarisée avec les accouchements dans l’eau.

L’accouchement dans l’eau, une invention française ?

Probablement pas, mais en tout cas, c’est en France que le premier accouchement dans l’eau a été documenté en 1805** : après plusieurs heures de travail, le médecin a proposé à la maman d’aller dans la baignoire pour se détendre. Peu après, le bébé est né dans l’eau. Plus d’un siècle plus tard, en 1980, aux États-Unis, un accouchement dans l’eau a été documenté. Depuis cette époque, accoucher dans l’eau a gagné en popularité.

En Angleterre, chaque maternité (avec une exception) est équipée d’une baignoire pour les accouchements. En 2018, une étude a montré que 10 % des femmes utilisent cette option pour accoucher, 20 % choisissent de s’immerger dans l’eau pour mieux se détendre pendant leur travail.

Les avantages d’un accouchement dans l’eau

L’eau chaude favorise la relaxation, et la relaxation favorise l’efficacité des contractions. Se détendre dans le bain peut donc raccourcir la durée du travail et le rendre plus agréable pour la femme. Ainsi, il a été montré que les femmes qui ont accès à l’eau pendant leur travail ont moins souvent besoin d’une péridurale.

Grâce aux dimensions généreuses d’une piscine pour l’accouchement, la femme peut bouger librement et se mettre dans n’importe quelle position qui est la plus confortable. Le mouvement aide le bébé à bien se positionner, et la liberté de mouvement est un facteur clé pour le bien-être de la femme. Il n’est donc pas étonnant que le taux de satisfaction soit très élevé pour les accouchements où la femme a pu profiter d’une baignoire.

Quant aux interventions, moins d’épisiotomies, de déchirures du périnée et de césariennes ont été documentées.

Les risques d’un accouchement dans l’eau

Quand un bébé naît dans l’eau, il se retrouve dans un milieu très similaire au milieu intra-utérine. Il est toujours oxygéné par le placenta, et le réflexe de respiration est en général déclenché une fois qu’il est en contact avec l’air. Dans de très rares cas, de l’eau de la baignoire peut être aspirée par le bébé et cela peut provoquer une infection.

Pour la maman, en cas d’hémorragie, la quantité de sang perdu ne peut être bien évaluée. En cas de doute, mieux vaut donc sortir de l’eau.

En 2014, le « American College of Obstetricians and Gynecologists » a publié que les accouchements dans l’eau ne devaient être considérés que sur une base expérimentale pour des études surveillées, amenant à une baisse considérable des accouchements dans l’eau. Deux ans plus tard, la déclaration a été révisée en affirmant que l’accouchement dans l’eau ne représente pas un plus grand risque pour les femmes et les bébés qu’un accouchement hors de l’eau. Accoucher dans l’eau peut donc être proposé aux femmes en bonne santé avec une grossesse sans complications. Les complications sont rares, et pour que la maman puisse faire un choix informé, elle devrait être informée des bénéfices et des risques éventuels.

Mon expérience d’accouchement dans l’eau

Pour moi, accoucher dans l’eau était un rêve que j’ai pu réaliser pour mon troisième accouchement. J’ai choisi un accompagnement global avec une sage-femme : j’avais donc une seule sage-femme que je voyais pour le suivi et elle allait être là pour mon accouchement. Il était important pour moi de ne plus me retrouver avec des personnes inconnues lors de mon accouchement. Elle avait beaucoup d’expérience et était d’accord avec mon souhait de vivre un accouchement dans l’eau.

En arrivant à la maternité, ma sage-femme m’a confirmé que mon travail était bien en cours. Elle me disait que j’étais libre de faire ce que j’avais envie de faire. J’ai alors décidé de repartir avec mon mari pour une petite balade autour de la maternité. Les contractions étaient déjà assez intenses. Quand elles arrivaient, je m’arrêtais de marcher pour me concentrer sur ma respiration. Au bout d’un moment, j’avais envie de retourner au chaud. C’était un soir de novembre, le vent soufflait fort et faisait danser les feuilles dans les rues. Même si je trouvais ça joli, je n’étais plus vraiment confortable dehors. De retour à la maternité, ma sage-femme m’avait préparé la baignoire pleine d’eau chaude et une odeur délicate d’huiles essentielles parfumait l’air. C’était génial !

Et là, surprise : dès que je suis rentrée dans l’eau, plus aucune sensation pendant les contractions ! L’eau chaude m’a immédiatement soulagée. L’utérus continuait à faire son travail, mais cela n’était plus désagréable. La différence entre « en-dehors de l’eau »  et « dans l’eau » était tellement forte que le terme « aquadurale » ne me semble pas exagéré : c’est comme une péridurale, sauf qu’il n’y a pas besoin de piqûre :).

Mon bébé était un grand bébé et le mettre au monde n’était pas facile. Ma sage-femme a décidé au dernier moment qu’il fallait qu’il soit directement à l’air, elle a donc simplement fait partir l’eau de la baignoire et cela n’a rien changé pour moi – j’ai eu mon accouchement comme je le voulais et si c’était à refaire, ce ne serait certainement pas sans baignoire !

Christine

Sources :

*www.accouchement-dans-leau.com/

**Embry, M. « Observations sur un accouchement termine dans le bain. » Les Annales de la Société de Médicine Pratique de Montpellier, Vol. 53, 1805, pp. 185-191.

Weaver, M. « Water Birth In The Hospital Setting » Nursing for Women’s Health, Vol. 18 (5), 2014, pp. 365-369.

www.nytimes.com/2020/04/15/parenting/pregnancy/water-birth.html

Christine est docteur en Biologie. Malgré ses connaissances en biologie, elle n’avait aucune confiance en son corps lors de la naissance de son premier bébé. Angoissée et peu informée comme elle était, elle a subi son accouchement plutôt que d’en être actrice – et il a très mal tourné. Suite à cette expérience douloureuse, elle s’est formée à l’HypnoNaissance®, un programme d’éducation prénatal pour vivre un accouchement confortable et non-médicalisé grâce à l’auto-hypnose. Cette méthode lui a permis de vivre la naissance d’une autre manière. Aujourd’hui, elle transmet avec passion les connaissances et outils qui permettent aux parents de se sentir confiants et bien préparés pour leur enfantement.

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